PLUME, PINCEAU ET DECLIC

VARIATIONS

Variations
 

 

Le regard glacial du chapeau me frappa sans préambule

Surpris qu'il est de ma raide posture,

De mon étonnement soudain, tel l'éclat d'une bulle,

Son ricanement bref et strident lancé à ma figure

Surpris qu'il est, par tant de servitude,

Aux soumissions aux durs frimas du jour,

A la nuit noire, solitude d'un tiroir d'incertitudes.

 

*          *            *

 

Le bedon bedonnant du bedeau boudiné

S'élança vers l'autel d'une tragique hyménée,

Enivré du patchouli de l'encens volatile,

S'écrasa vaincu et meurtri du refus juvénile.

 

*          *            *

 

Un, deux, trois, la nuit tombe sur Golgotha

Deux larrons et le Prince de l'éternité

Trébuchent des vicissitudes, soumis au blasphème,

Soupirant, hors d'eux mêmes, leur âme réclamée

Par le cruel et ultime supplice, dépourvus de haine.

 

*          *            *

 

Ecoute sans cesse, ô poète à l'ouïe acérée

L'hymne à la joie des claviers tempérés.

Ici, l'enflammé d'un vigoureux Vlaminck,

Là, l'oriental chatoyant de Matisse divin.

Ecoute la prenante mélodie du semeur de Van Gogh

Parcourant les sillons embaumés de la Crau,

Aux Saintes, mugir le fier taureau de Picasso.

Allonge toi sur les verts subtils et reposants de Corot.

Allume au couchant le phare d'Alexandrie

Pour qu'il ressuscite de ses rais l'antique Psalmodi.*

 

                              Raymond MARTIN    


 

                                                                                               2.04.2008


                     * Ile située, vers l'an 1000, aux environs de Aigues Mortes.

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                          



Article ajouté le 2008-04-02 , consulté 113 fois

Commentaires


bernard le 14/05/2008 à 20:03:25
décidément, tu devrais en faire édité, car c'est plutôt bien à lire
Abby le 08/04/2008 à 10:11:52
Je suis toujours épatée par ton imagination.
Faut toujours se méfier des chapeaux !
Bel hommage à nos amis peintres
Ziboux

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